L’objet principal de cet article est de vous aider à pratiquer un exercice très simple vous permettant d’habituer les yeux de retrouver sa vigueur en dehors des lentilles de contacts ou des verres correcteurs par l’utilisation des « planches colorées » . Une technique inspirée développée de la chromothérapie.

Apprendre à se dispenser de ses lentilles

Ma passion pour la répercussion positive des couleurs sur la vision de l’homme avait débuté en 1980 lors de mon passage au Sri Lanka. A l’époque, j’ai commencé à ne plus supporter le port systématique de mes verres qui était de l’ordre de -8, ce qui équivaut à une forte myopie. N’ayant aucune autre alternative, j’ai dû apprendre, avec mes propres moyens, à m’en passer.

Pendant une courte période, J’ai habité dans une micro-entreprise dont la principale activité était de fabriquer du batik. Durant ces quelque temps, j’ai remarqué que mes yeux se reposaient davantage et qu’il m’était de moins en moins compliqué de regarder, enfin de vivre sans pour autant porter des verres correcteurs. Me débarrasser de ces corps étrangers auxquels mes yeux avaient dû s’y adapter pendant for longtemps était un grand soulagement, je dirais même une bouffée d’air pur.

La méthode globale d’éducation visuelle 

Auparavant, dans le souci d’éviter à ma vue une détérioration progressive, une situation que j’ai toujours vécue jour après jour, je suis tombé sur un livre qui détaille la « méthode globale d’éducation visuelle », écrit par le Dr Bates, chercheur en sciences de la vision et ophtalmologue américain. Mais l’ouvrage m’avait très vite dépassé par rapport à l’investissement temporel auquel je dois m’y résoudre pour s’adonner aux divers exercices proposés par le scientifique.

Cependant, l’avis du Dr Bates concernant l’usage habituel des verres correcteurs m’apparaissait comme une évidence. Ils conservent les yeux dans leur état de dégradation tout en excluant toute possibilité de détente. En effet, l’œil n’accède au repos que lorsqu’on décide de ne pas les porter, du moins de façon progressive jusqu’à ce que les yeux, à force de l’entraîner, s’y habituent.

Ces phrases sont gravées dans ma tête et n’ont jamais cessé de raisonner en moi jusqu’au point de me pousser à m’habituer avec ma vision floue, dépourvue de verres. Ma sensation visuelle au contact des couleurs du Sri Lanka était si puissante que je m’y attache très vite. Il m’importait peu donc qu’elles m’apparaissaient vagues, imprécises, indistinctes, bref floues.

Depuis cet instant, je me suis résolu à l’idée qu’il existait d’autres manières de voir mis à part celle à laquelle j’étais habituée, c’est-à-dire, celle qui suggère systématiquement de regarder avec une nette précision. Ainsi, hormis le fait d’avoir sur moi une paire de lunettes de secours, j’arrivais de mieux en mieux à me passer de mes verres.

La vertu originelle des couleurs

Par ailleurs, Il m’arrivait même de temps à autre, d’oublier que mes yeux avaient besoin de lunettes. Il y avait un moment, je me suis retrouvé dans un endroit splendide. En l’espace d’une fraction de temps, sans forcément m’y attendre, j’ai pu voir de manière claire et nette. C’était miraculeux.

A vrai dire, quelque chose en moi me murmure toujours à l’oreille qu’après 20 années de myopie, je serais encore apte, avec des conditions favorables, de voir avec clarté, sans condamner à porter matin, midi et soir des lunettes ni de verres de contact.
Autrement dit, j’avais comme une forte impression que c’étaient ces couleurs profondes (vive et intense) qui ont donné une seconde jeunesse à mes yeux en les permettant à nouveau de bien voir. En rentrant de mon voyage, je suis allé consulter un ophtalmologue. Et à mon bonheur, celui-ci avait confirmé que ma vision s’était améliorée de 3 dioptries. En langage courant, cela signifiait que mon degré de myopie avait diminué.

Aussi, je me suis mis au « Traité des couleurs de Goethe ». Et au cours de l’année 1982, j’ai fait une rencontre décisive avec Theo Gimbel, un imminent spécialiste en sciences des couleurs et chromothérapeute allemand qui a résidé durant plusieurs années en Grande Bretagne où il a créé en 1968, dans la vielle de Tetbury, le « Hygeia-Studios for Colour-Light-Art Research ». Le chercheur était décédé en 2004. De son vivant, Theo GimbelIl m’avait accordé une opportunité de comprendre en profondeur la véritable place des planches des couleurs dans le processus de renforcement visuel qu’il a mis en place depuis que Rudolf Steiner, le père fondateur de l’anthroposophie, le lui avait proposé.
Je réitère ma profonde gratitude envers Theo Gimbel pour m’avoir fait comprendre que l’œil humain emmagasine une partie de l’énergie renvoyée par les couleurs et en distribue une autre à l’organisme. C’est ce qu’on appelle « un effet pour les yeux et un effet à travers les yeux. »

Le processus de stimulus-réponse des « cellules photo-réceptrices »

Contrairement à la lumière qui est projetée à travers un filtre en verre coloré avant d’atteindre la peau, les couleurs vives du papier stimulent directement les tissus oculaires, plus précisément la rétine ainsi que la totalité des cellules photoréceptrices.

En outre, la finesse des couleurs reste en état dynamique aussi bien avec les images rémanentes ou avec celles qui restent tangibles. Cet état de dynamisme se manifeste en « énergie sensible » puisque la luminosité dégagée par ces couleurs est dans la nature même du sens de la vue. C’est exactement pour mettre en exergue le cas des images rémanentes qui explique le choix de Goethe de citer dans son Traité des couleurs Plotin :« Si l’œil n’était pas solaire, comment apercevrions-nous la lumière ?Si ne vivait pas en nous la force propre de Dieu, comment le divin pourrait-il nous ravir ? »

Programme d’exercice oculaire

Bref, ce premier programme destiné au renforcement visuel inspiré tirée de la théorie de la chromothérapie a été publié à de nombreuses reprises depuis 1984, en nombre limité, avec le titre : « SchauDichKlar. EinSelbsthilfeprogrammzurHarmonisierungundStärkung der Sehkraft« .
Sous forme d’un condensé, il est composé de huit planches dépliantes en carton, muni d’un livret, de figures à découper et à coller par soi-même. Au départ, ce programme a été élaboré pour servir de support à mes cours d’éducation visuelle, mais il a été par la suite très bien accueilli par d’autres individus en dehors du cadre auquel il a été destiné.

En plus, les activités proposées n’ont pas été considérées comme un entraînement qui nécessite un investissement quelconque (temporel, intellectuel…) mais plutôt comme un divertissement d’obédience esthétique, ludique et qui plus est, source de détente et de relâchement. D’où sa vulgarisation dans plusieurs domaines comme l’orthophonie, en psychothérapie, etc.