Comme disait Susanne Berk dans son incontournable ouvrage intitulé « Encens : Usages, effets et rituels, sorti en décembre 2014, « les raffinés composants aromatiques » se trouvant dans toutes les matières utilisées en art fumigatoire « se libèrent » dans un premier temps, puis « montent vers le ciel dans un nuage de fumée » pour finir dans un deuxième temps à descendre extrêmement vers la terre jusqu’à atteindre notre organisme en touchant simultanément notre corps, notre âme ainsi que notre esprit lors du processus de l’inhalation.

Les rituels de l’encens occupaient toujours une place prépondérante dans tous les siècles d’existence de l’humanité. Très tôt en effet, l’Homme, dès la découverte du feu avait tout de suite compris le caractère revigorant de la chaleur mais surtout les bienfaits de toutes pratiques consistant à brûler des herbes, des racines, etc. jusqu’à inventer, de nos jours, des diverses machines capables de diffuser ces odeurs à plus grande échelle.

A l’origine, l’Homme était beaucoup plus en harmonie avec ses cinq sens et savait tirer profit, surtout de son odorat comparé à la génération d’aujourd’hui. Pour éviter un quelconque danger allant d’un simple orage jusqu’à l’imminente guerre tribale, les chasseurs-cueilleurs faisaient recours à leurs sens pour parvenir, en quelque sorte, à anticiper ces événements pour mieux se préparer et se défendre ou tout simplement pour pouvoir s’enfuir à temps. Par ailleurs, ils faisaient constamment appel à l’odorat pour parvenir à bien distinguer, dans leur alimentation, le bon grain de l’ivraie ; du comestible au non comestible ; du nocif au toxique et ainsi de suite. Bref, en cette époque lointaine, le rapport de l’Homme avec la nature était concret, très fort.

L’odorat comme principal boussole

 

Nos aïeux, en ayant comme seul guide leur odorat, étaient très adroits pour bien distinguer toutes les plantes qui possèdent des vertus particulières. Autrement dit, en utilisant leur sens, ils avaient parfaitement conscience que certaines herbes, feuilles, racines ou encore plantes en brûlant libéraient une odeur capable de soigner une quelconque maladie ou tout simplement chasser les esprits malveillants.
C’est dans ce contexte que la culture liée à la pratique de l’encens avait pris racine.

Depuis, les hommes avaient, pour ainsi dire, établit des rapports privilégiés avec les sphères éthériques et parvenaient même à entrer en contact avec les instances divines. Ainsi, ils acquirent la capacité, sinon le pouvoir, de purifier l’espace en l’affranchissant des maléfices sataniques ainsi qu’en le défaisant des mauvais sorts générés par les pratiques malveillantes de magie et de sorcellerie de tout poil ; soignèrent les malades dans la totalité de l’être lui-même, c’est-à-dire, le corps, l’âme et l’esprit ; Firent appel à la pratique de la fumigation pour désinfecter leurs lieux de domicile dans l’objectif d’empêcher par exemple la progression d’une épidémie ou se débarrasser des insectes nuisibles.

Encens : primordial pour amplifier la capacité de concentration.

 

L’« Elemi », le « Galanga » ou encore l’ « Acore odorant », à titre indicatif, sont parmi les encens fréquemment utilisés par les professionnels pour affermir nos capacités à nous concentrer davantage dans tout ce que nous entreprenons.
En effet, les parfums nous animent et conduisent de façon beaucoup plus importante encore qu’on le croit. Ils sont profondément ancrés dans nos subconscients en agissant entre autres sur notre capacité de perception et nos réactions émotionnelles. Force est de reconnaître que les odeurs pulvérisées à travers une pratique de l’encens dépassent largement le cadre d’un simple plaisir olfactif.
À l’opposée de la technique privilégiant le système de vaporisation, l’élément feu, dans la pratique traditionnelle de la fumigation, fait office d’intermédiaire capable de transformer les substances compactes en fumée, redoublant ainsi son efficacité.

Encens et fumigation, quelle action pour le corps ?

 

Cela nous renvoie directement à l’affirmation de Susanne Berk (détaillée au premier paragraphe) selon laquelle les arômes qui se libèrent des substances utilisées en fumigation montent directement vers le ciel dans un nuage de fumée avant de descendre pour cibler le corps, l’âme et l’esprit lorsque nous les inspirons.

Dans ce cas de figure, dès l’instant où nous commencerons à avoir l’impression de nous élever vers l’espace divin, un long processus vers la véritable métamorphose débutera. C’est ainsi que nous pourrons vraiment affirmer que l’encens a fait son effet dans notre organisme. Il est recommandé de renouveler l’expérience ; notre âme raffole de cette odeur exquise et délicate qui descend directement du ciel.
Naturellement, certaines plantes, les racines, les herbes etc. sont dotées d’un pouvoir qui à lui seul est capable de nous affranchir de toutes formes de troubles psychologiques ainsi que des douleurs émotionnelles ; d’autres redynamisent nos sens jusqu’à aiguiser notre libido.

Encens, un outil idéal pour méditation en toute quiétude

 

Le « Benjoin », le « Siam », le «Dammar », le « Gugulon » sont d’autres catégories d’encens utilisés pour intensifier la concentration.
L’encens permet à l’esprit de se libérer du carcan quotidien. C’est seulement dans ce sens qu’il pourrait nous conduire à voyager au-delà du monde visible pour aller à la rencontre de votre propre vérité, votre propre être afin de vous révéler qui vous êtes réellement et ce que vous voulez devenir pour la suite.

L’encens : c’est aussi un puissant traitement pour soulager les douleurs

 

La première chose qui vient directement à l’esprit est la pratique consistant à inhaler l’odeur très forte extraite du camphrier : le camphre. Cette substance est connue pour sa vertu, presque miraculeuse, à décongestionner les voies respiratoires en cas de rhumes par exemple. Vient ensuite l’ase fétide, dénommée dans certaines cultures : « merde du diable ». Elle est connue par son odeur âcre et surtout son goût amer ; durant des siècles, elle sert des médicaments servant à soulager les troubles nerveux et soigner l’indigestion.

Après ces deux substances, on peut citer également : la myrrhe et le giroflier agissant comme antiseptique par excellence ; la citronnelle, un puissant stimulant des nerfs est également utilisée pour ses vertus antidépressives ; le rhododendron de l’Himalaya, un excellent fortifiant pour les muscles cardiaques, il assure également la bonne fluidité de la circulation sanguine ; le mastic et l’oliban, mises à part ses actions rapides pour désinfecter, ils jouent aussi le rôle d’anticoagulants.
Et la liste est longue car plusieurs substances encore peuvent être utilisées pour l’assainissement de l’atmosphère ou encore aiguiser la perception ou bien d’autres domaines encore.