Généralement, le yoga, quelle que soit la technique privilégiée est avant tout une manière de procéder pour parvenir au bien- être physique et psychologique ; mais ambitionne au même niveau à développer des rapports sociaux plus équilibrés dans le total respect de la nature ainsi que de tous les êtres vivants. Il peut être pratiqué par tout le monde, y compris les enfants.

De prime abord, force est de constater que l’esprit d’un enfant est foncièrement l’opposé de celui d’un adulte. Pour chaque niveau d’âge, on ne réfléchit pas tout comme on ne ressent pas de la même manière.
En effet, les concepteurs de l’approche CLEMI (Centre pour l’Éducation aux Médias et à l’Information) ont parfaitement compris le principe de l’évolution de la manière de penser et d’agir d’un individu avec l’âge.

Cette technique, contrairement à l’assertion générale, n’a rien de commun avec l’idéalisme mystifiée de certaines sectes qui sont souvent synonymes de superficialité. Concrètement, l’approche CLEMI se base sur les besoins réels des enfants qui, constamment, changent avec l’âge en rapport direct avec les réalités dynamiques vécues au niveau familial et social. Bref, elle prône une méthodologie aux objectifs bien définis dont le principe fondamental est de placer le bien-être de l’enfant au-dessus de tout.

Une meilleure approche pédagogique est donc primordiale pour les enfants car elle compense sinon corrige les lacunes observées dans le contexte familial et social. Idéalement, l’école doit être apte à diriger les choix individuels et collectifs des jeunes enfants tout en les forgeant à devenir des citoyens modèles, des individus réalisés, complets mais surtout responsables de sa propre personne et celle des autres ainsi que de sa nature.

Le Yoga, quelle place pour les enfants ?

Les conservateurs tout comme ceux qui ont un esprit sectaire et connaissent mal en outre le monde des enfants douteront très certainement de la légitimité de l’intégration des jeux dans un cours de yoga. Mais ce qu’ils ignorent c’est que les jeux ont également une importance psychophysique pour les enfants. L’objet qu’il touche et manipule à sa guise et la forme qu’il représente aide par exemple un enfant à développer son imagination : entre sa voiturette en plastique et le bus qui le transporte chaque jour à son école, l’enfant explorera les différences, les similitudes, etc. et suivant son centre d’intérêt, il pourra amener, s’il serait bien dirigé, à en créer son propre modèle.

Ce qui est tout à fait en accord avec le principe fondamental même du yoga, celui qui prône effectivement le bien-être à la fois physique, psychologique et spirituel. J’ai déjà fait d’ailleurs l’expérience avec des véritables enfants et le moins que je puisse dire c’est que ces petits yogis et yoginis m’ont beaucoup apporté à travers leurs progrès et surtout leurs refus.

Par ailleurs, nous nous inspirons de nombreux contextes éducatifs mais seulement dans l’objectif de venir, dans un premier temps, à la rencontre de ces enfants et d’établir, pas-à-pas, un lien solide entre l’esprit de la pratique de Yoga et la manière d’être du jeune pratiquant.
Or, plusieurs ouvrages ne tiennent pas compte de cette spécificité. Ils résonnent globalement les enfants, à eux-seuls peuvent pratiquer le Yoga par le simple fait d’observer les figures. Et ce qui étonne en plus c’est que ces livres décrivent même ces enfants-pratiquant comme des êtres à part, c’est-à-dire, « parfaits », « silencieux » incapables de présenter des conflits physiques ni des tensions psychologiques.

Les enfants avec lesquels je traite sont complètement à l’ouest de cette description idéale ou peut-être idéalisée. En effet, parmi mes élèves, il y a une vingtaine d’enfants qui proviennent des différents pays du monde mais la plupart d’entre eux ont follement besoin, comme tous les petits êtres normaux d’ailleurs, de plus de complaisance : tantôt ils s’exhibent avec ostentation, tantôt, pour un rien, ils montent le son de leur voix ; ils affichent une forte demande d’être constamment regardés et approuvés mais très compétitifs ; ils n’ont pas en soi-même la possibilité de jouer en solo et ce de manière constructive mais se bagarrent trop facilement avec les autres.

Ainsi, leur exiger de suivre des règles ou les assigner à des codes moraux ne suffisent pas toujours. Si l’on ne s’attaque pas à la racine de ces attitudes, il y a une forte probabilité pour qu’elles se muent en caractère à l’âge adulte.

Et il faut garder à l’esprit qu’un individu qui manque de confiance en soi et visant constamment à compenser son manque est, dans la plupart du temps, le résultat d’une enfance où il n’avait pas eu la juste reconnaissance venant des personnes qu’il aime.

Des tensions émotionnelles à la relaxation chez les enfants pratiquants le Yoga

Ce volet est composé de plusieurs techniques qui permettent de réduire les charges émotionnelles et physiques. Et les divers exercices qui aident à parvenir au stade de relaxation peuvent se pratiquer individuellement et restent encore plus efficaces s’ils sont pratiqués après une séance.

Lorsque le niveau des tensions de l’enfant est réduit, son estime de soi va croître et si cette situation est maintenue dans le temps, cela va aussi se traduire en une amélioration de son bien-être physique et émotionnel, prémisse d’un état de calme et de sérénité, la base même de la sécurité intérieure.

Guider l’enfant par son subconscient par la pratique du Yoga

Cependant, le subconscient, dans presque toutes les circonstances de la vie, garde le total contrôle de l’esprit conscient. Mais tout cela se passe à l’insu de tout un chacun et c’est malheureusement de ce phénomène psychanalytique que découlent la plupart des problèmes.

En atteignant le sommeil vigilant par la pratique du Yoga Nidra par exemple, cet esprit conscient se désactive pour ne laisser place qu’au subconscient. Dans ce cas de figure, l’enfant peut être dirigé à voir de façon distincte et précise en son for intérieur et le suggérer à n’exposer que des idées positives.

Bref, si le discipline en soi ne peut être un choix totalement conscient de la part des enfants, tout le monde reconnaît désormais que la pratique du Yoga va leur permettre de grandir de façon beaucoup plus équilibré et avoir l’opportunité d’atteindre la réalisation de soi et surtout compenser certaines lacunes laissées par les autres instances de socialisation (famille, école, etc.).